Jissa Phoenix

Phoenix is back, once more !

“Marrakech du Rire” by Jamel Debbouze: un festival qui me fait rire…jaune !

Classé dans : Blogroll — jissa at 7:03 on Mardi, mai 31, 2016

Chaque année, c’est la même chose: un vrai tintamarre ! Le festival du rire est annoncé à coups de promos implacables, assourdissantes en ce qui me concerne. Non pas que je n’aime pas rire. Du tout. Et de tout ! Je possède même un sens de l’auto-dérision non négligeable. Et, au vue de ma naturelle maladresse, il y a de quoi faire!

Non, ce dont j’aimerais vous parler est autrement plus grave. Je vais en choquer certains, je sais pertinemment que la plupart ne me croiront tout simplement pas mais voila les faits véridiques, tels qu’ils se sont déroulés.

2004, je venais de rentrer au pays après des études à Paris. Inspectant le terrain, je cherche alors une niche dans laquelle je pourrais investir et m’investir. Il était évident que je m’engagerais dans ma voie “naturelle” qui est le cinéma et la télévision mais il me fallait frapper un coup, le plus fort possible, pour m’installer et m’implanter solidement dans le paysage culturel marocain. Une manière de me réaliser moi-même et d’apporter un plus à ce pays que je chérissais tant. Tout un programme ! Il faut dire que je n’avais pas même 22 ans. A à peine 22 printemps, on a pas le temps de s’embarrasser de problèmes “techniques”! D’autant plus que mon ami intime de l’époque faisait tout pour m’encourager à voir grand, trop grand sans doute. Je lui demanderai ultérieurement s’il souhaite que je révèle son identité ou non. Pareil pour mon camarade français qui était tout à fait au courant du projet.

Bref. Un jour, lisant une interview de Hanane Fadili dont j’apprécie le travail, ce fut une révélation: de tous les festivals que nous avions désormais, aucun ne mettait en valeur les humoristes! Pourtant, les marocains sont connus pour leur sens de l’humour et friands de situations cocasses diverses et variées. Alors, je m’inscrirais dans cette ligne-ci, une niche aussi vierge que prometteuse. Mes amis sont ravis et enthousiastes. Entre temps, nous sortons un nouveau magazine dédié à l’emploi. Improvisés journalistes, nous nous rendons à quelques événements.

Un jour, mon ami m’annonce que nous avons des invitations pour assister à la conférence de presse de Jamel Debbouze à l’occasion de sa présentation prochaine de son nouveau spectacle: “100% Jamel”. Ok, sympa. Nous nous y rendons. Pendant la conférence, je ne peux m’empêcher de lui poser une vraie question: quelle était son intention, lui qui avait jusque là refusé d’être un étendard de la jeunesse beur, dans le fait de s’exprimer ou non sur la montée de l’islamophobie et de l’antisémitisme naissants en France ? Silence gêné et gênant. Tous me braquent de leurs yeux. Lui, sourit du coin des lèvres, réfléchit un instant et répond. Je ne me souviens même plus de cette réponse tant mon coeur battait et mes mains tremblaient de cette audace publique. Pourtant, j’aime particulièrement m’exprimer publiquement mais là, tout dépendait de la réaction de mon interlocuteur. Je n’étais pas seule maître à bord. En deux mots bien placés, il aurait pu me remettre à ma place. Mais non, il fut charmant et me remercia pour cette question. A la fin de la conférence, tous se précipitèrent sur moi pour me demander mon identité et ma profession. Lui, la star, prenait des photos bien sûr puis il se mit à l’écart en me fixant dans les yeux. Je suis alors rapprochée et lui ai dit tout le bien que je pensais de son parcours…

Et là, l’occasion était trop belle: je lui fais part de mon fameux projet de festival de l’humour. Oui, j’ai eu cette…bêtise! Une naïveté me caractérisant depuis toujours qui a fait que je pensais qu’il serait ravi d’aider de jeunes marocains tels que mes amis et moi-même, qu’il serait honoré de nous parrainer et tout le tralala…! Ses yeux pétillèrent! Lui qui avait, au début de notre entretien, l’air très grave et sérieux, il était soudain tout excité et très souriant. Il me demanda alors où je comptais l’organiser. “Marrakech”, “ah bon, et pourquoi?”. Je répondis que c’était évident: Marrakech est la capitale de la blague et de l’humour marocains ! Il sourit encore plus largement. “Oui, je serais fier d’être votre parrain et de mettre à votre disposition mes moyens et…mes contacts, ça marche!”, me promet-il. Je lui remets alors ma carte de visite et il ordonne aussitôt, sur un ton étonnement sec, à son garde du corps (Jean-jacques? Je ne sais plus.) d’envoyer illico mes coordonnées à Paris. Puis, comme pour ne pas gâcher ce moment intense en émotions, comme à mon habitude, je m’éclipse. Mon ami, lui, va au cocktail et échange quelques mots avec lui. Il revient me faire part de l’invitation de Jamel de venir regarder un match du PSG avec ses amis, dans sa chambre ou plutôt, sa suite. Gênée, je refuse. Je demande alors à mon ami d’y aller seul mais l’attachée de presse fait barrage.

Sur le chemin du retour, mon ami me lance: est-ce que tu es consciente de ce que tu viens de faire? Tu viens de lui livrer un concept clé-en-main, l’idée suprême de sa carrière! “Mais enfin, il a déjà le succès et l’argent, il ne lui manque que le prestige d’aider de pauvres jeunes marocains comme nous à promouvoir et son métier, et leur pays. Avec son parrainage, une fois qu’il nous aura pris sous son aile, nous serons assurés du succès et pourrons faire enfin quelque chose de constructif pour nous et pour les autres! C’est notre rêve, non?”. Un rêve, oui… 




 


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